Historique & Patrimoine de la mairie de Chailles

Il était une fois...

Chailles, d’hier…

Classée depuis 2001 par l’Unesco dans le cadre de « Val de Loire – Patrimoine mondiale », la commune de Chailles possède un patrimoine historique riche avec une église et trois châteaux. Plusieurs vestiges ont été retrouvés à Chailles notamment des silex taillés ainsi que le chemin d’une ancienne voie romaine.

Au XIIIe siècle, la commune était connue sous le nom de « Chaeles », ce qui veut dire lieu pierreux. Elle fait partie de l’ancien diocèse de Chartres. Il existait dans la forêt de Russy une chapelle dédiée à Saint Laurent, construite par les comtes de Blois, qui fut l’objet d’un pèlerinage du XIIe siècle au XVIIe siècle ; elle fut démolie au début XVIIIe siècle et reconstruite par le propriétaire de la Chesnaie près de sa demeure (devenue la chapelle du château).

La Mairie est l’une des premières édifiées au XIXème siècle dans le département, bien avant la grande vague de construction de la troisième République.

Chailles, d’aujourd’hui…

Chailles est une petite ville française, située dans le département de Loir-et-Cher et la région Centre. Ses habitants sont appelés les Chaillois et les Chailloises.

La commune s’étend sur 18,5 km² et compte 2 657 habitants depuis le dernier recensement de la population (2014). Avec une densité de 144 habitants par km²

Entourée par les communes de Candé-sur-Beuvron, Seur et Les Montils, Chailles est située au sud de la Loire, à 7 km au sud-ouest de Blois, la plus grande ville aux alentours.

Située à 72 mètres d’altitude, la commune est traversée par la Rivière Le Cosson.

Le Maire de Chailles se nomme Monsieur Yves CROSNIER-COURTIN.

Chailles et son blason

" D'azur au rocher d'or accosté de deux peupliers d'argent et surmonté de deux glands, feuillés chacun de deux pièces aussi d'or, le rocher et les peupliers posés sur une terrasse également d'or, chargée d'une burèle ondée du champ ; au chef cousu de gueules chargé de trois fers de moulin d'argent. "

Chailles & son patrimoine

L’Eglise Saint-Martin

Reconstruite aux XVè et XVIè siècles sur un édifice pré-roman de la fin du Xè siècle, l’église Saint Martin de Chailles a été agrandie au XIXè.
La dernière travée et le chœur sont couverts de voûtes d’ogives ; au sud de la dernière travée, la chapelle seigneuriale Saint Blaise – aujourd’hui dédiée à Saint Joseph – est du XVIè siècle. On y voit des angelots portant les écussons des seigneurs du Plessis-Villelouet, dont le blason figure aussi des deux côtés de la fenêtre à remplage flamboyant.

Les boiseries et les stalles du chœur sont du XVIIè comme le retable peint par Jacques Prou.
Vers 1850, le choeur et les chapelles latérales ont été décorés de fresques dues à Jules de Froberville, Maurice de Vaines et au célèbre céramiste blésois Ulysse Besnard.
Au-dessus du baptistère du XVIIIè, on remarquera l’ex-voto réalisé par le peintre Maurice de Vaines en souvenir de la conversion sur son lit de mort de Madame Knowles de Froberville.

Le château de la Pigeonnière

Historique : Château édifié en grande partie au début du 17e siècle. Très délabré au sortir de la Révolution, il fut restauré et agrandi à partir de 1858 sous la direction de Jules de la Morandière. Des vestiges de fortifications sont encore visibles dans le tracé des fossés et la disposition de quatre tourelles rondes et carrées, qui formaient les quatre angles d’un château fortifié pré-existant.

Le corps principal quadrangulaire est flanqué latéralement de deux ailes cantonnées au nord de tourelles carrées. Au sud, la cage d’escalier flanque le corps principal. S’y voient également les deux tourelles circulaires. Au nord, deux pavillons carrés surplombent la terrasse, et ont conservé des traces de fortifications. Les ailes basses latérales étaient destinées à des usages domestiques et agricoles. A l’intérieur, le château conserve une bibliothèque au décor peint dû à Chenu et Ulysse Besnard. Les torchères en bois ornant le garde-corps et représentant les quatre saisons, furent exécutées par l’ébéniste Biberon. Le corps principal conserve trois cheminées en pierre du 17e siècle, repeintes au 19e par les mêmes artistes. Seule la cheminée d’une chambre au premier étage a conservé ses peintures d’origine sur la hotte droite.

Périodes de construction :
17e siècle, 19e siècle

Eléments protégés :
Façades et toitures de la bibliothèque avec son décor intérieur ; trois cheminées de style Loouis XIII situées dans le corps principal du château (cad. AR 104) : inscription par arrêté du 20 avril 1989

Architecte ou maître d’oeuvre :
La Morandière Jules de (maître de l’oeuvre), Chenu (peintre), Besnard Ulysse (peintre), Biberon (ébéniste)

Le château de la Chesnaie

Historique : Clinique fondée en 1956 par le docteur Jeangirard, s’insérant dans le mouvement de psychothérapie institutionnelle apparu après la Libération. Le principe de ce mouvement remet en cause le renfermement asilaire par l’insertion du malade dans un entrelacs de relations institutionnelles qui lui 

permettent d’établir des échanges sociaux.
L’utilisation de matériaux de récupération participe à la conception de l’architecte suisse Boiscuillé. La clinique comporte une école de psychiatrie institutionnelle, ainsi qu’une antenne de l’école spéciale d’architecture qui a pour mission l’étude et la réalisation des bâtiments nécessaires.

Ont été construits ainsi un foyer-salle de réunion et un atelier d’ergothérapie.

Le second programme, l’Orient-Express hôtel, comporte un bâtiment pour les stagiaires psychothérapeutes, système conçu à partir de wagons de première classe datant de 1928.

Périodes de construction :
20e siècle

Eléments protégés :
Les pavillons le petit et le grand Boissier et le « Train vert » en totalité (cad. AM 240, 635, 690) : inscription par arrêté du 9 janvier 2006

Architecte ou maître d’oeuvre :
Boiscuillé Chilpéric de (architecte)

La maison éperonnée

Située à « l’Orme Cochard », commune de Chailles, cette maison est construite dans le lit endigué de la Loire, juste à proximité de la levée. Sa construction a été étudiée pour pouvoir résister aux crues.

Le rez-de-chaussée, construit en pierre de taille de calcaire dur, est percé en amont et en aval par des ouvertures avec portes qui s’ouvrent dans le sens du courant en cas de crue.

Deux éperons en pierre de taille permettent d’affronter les flots venant de l’amont et deux contreforts avec élément de construction pour détourner l’eau, protègent l’escalier de pierre et minimalisent la force du courant. Ce rez-de-chaussée est divisé en deux pièces et servait d’écurie (il est garni de mangeoires).

On accède au niveau supérieur par un escalier extérieur au nord. L’intérieur de la maison possède une entrée qui distribue sur trois pièces. Ce bâtiment est un des éléments du patrimoine ligérien construit par l’homme et utilisant son « génie » : une création, une adaptation, une anticipation tenant compte de la proximité des matériaux, de l’environnement, des aléas de la nature et notamment du fleuve.

L’histoire d’un chantier hors normes…
L’histoire commence en 1990 lorsque, saisi d’une envie pressante, l’historien passionné Claude Leymarios stoppe sa voiture en bord de Loire, sur la RD 173, au niveau du lieu-dit « L’Orme Cochard ». Pour assouvir un besoin bien naturel, il s’enfonce dans la végétation luxuriante et aperçoit… un mur. Le mur d’une maison bien particulière. Une maison éperonnée, c’est-à-dire construite en prévision des crues de la Loire toute proche. Un projet un peu fou, initié par un Frédéric Théret tombé amoureux de l’ouvrage, et bientôt partagé par Franck Prêtre, directeur du CFA : restaurer la bâtisse. L’occasion, unique, de mettre à l’épreuve la section « intervention sur le patrimoine bâti » du bac professionnel qui venait de s’ouvrir.

Un support de formation original, un chantier-école exceptionnel et une aire de jeu grand format

…Pour une dizaine d’apprentis en 1ère année bac pro. Un projet « remarquable et emblématique » mené tambour battant grâce au concours enthousiaste de tous les acteurs, tant institutionnels que professionnels, jusqu’aux Chaillois eux-mêmes. Le bâtiment demande une restauration complète : charpente, toiture, maçonnerie, huisseries, zinguerie et pierre de taille.

Un chantier de plusieurs années pour l’Asmec et les élèves de la section « intervention sur le patrimoine bâti » du bac pro : une première dans le genre.

Partenaires : Ce coup de cœur va susciter des rencontres et aboutir à la création d’une association : Association pour le Sauvetage de la Maison Eperonnée de Chailles (ASMEC).
L’ASMEC a également reçu le soutien de la commune de Chailles, du Département de Loir et Cher, du club Mécènes du Patrimoine de Loir et Cher et du fonds Insertion de la Fondation du patrimoine.